Yukio Mishima

Publié le par Espace Culturel Arts et Sciences


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L’enfance de Mishima est marquée par sa grand-mère Natsu qui le retire à sa mère pour le prendre en charge. Elle lisait le français et l’allemand et appréciait le théâtre kabuki. Mishima rejoint sa famille à 12 ans. Son père est un homme brutal, qui fait des rafles dans sa chambre pour trouver des preuves de son intérêt efféminé pour la littérature et déchire ses manuscrits. Il sort diplômé de la prestigieuse Université de Tokyo en 1947 et entre au Ministère des finances où il est promis à une brillante carrière. Finalement, son père se résignera définitivement à voir son fils devenir écrivain.

“Confessions d’un Masque”, une œuvre autobiographique sur un jeune garçon devant cacher ses désirs homosexuels le rendra célèbre à 24 ans. Il publia près de quarante romans pour un total d’une centaine d’ouvrages : essais, recueils de nouvelles, pièces de théâtre... De condition chétive, il proclamait le culte de la force physique ; à force de pratiquer la musculation et les arts martiaux, il finit par obtenir un corps d’athlète. Le 25 novembre 1970, il poste à son éditeur la fin de son manuscrit “L’Ange de la Décomposition”, puis se rend au Ministère des Armées accompagné de quatre jeunes disciples. Au terme d’une tentative politique désespérée, où il tient un discours en faveur du Japon traditionnel et de l’Empereur, il se donne la mort d’une façon spectaculaire, au cours d’un seppuku (éventration rituelle), qui a frappé l’imagination du monde entier.

Le Pavillon d'Or de Yukio Mishima, le livre

Paru en 1956, c’est le premier texte de Mishima publié en France et révèle deux conceptions qui lui sont chères : l’amour et la beauté.
L’incendie du Pavillon d’Or par un jeune moine en juillet 1950 anéantissait un trésor national. La fin absurde de cette merveille, épargnée pendant plus de cinq siècles par le feu et la guerre, fut ressentie comme un désastre total et irréparable. S’inspirant de ce fait réel, Yukio Mishima, en philosophe, explore les méandres psychologiques du jeune moine Mizoguchi, bègue et sans beauté. Le mal et la laideur sont les hôtes de son âme. Le pendant de sa souffrance physique est un ego démesuré et tyrannique qui le pousse à croire à sa mission tragique et exemplaire: atteindre le cœur même du mal et anéantir le sacré par un acte de pure abolition. La soudaine et commune fragilité qui  l’unit au Pavillon d’Or, alors que retentit au loin le  bruit des bombes, scelle son destin au temple. La quête de cette ultime communion, en commettant l’irréparable, constitue sa secrète destinée, car si la beauté existait, il s’en trouverait irrémédiablement exclu.

Pervers et désespéré, ce roman est un véritable voyage au cœur de l’âme japonaise. Le beau de Mishima doit  être éphémère et s’éteindre un jour, contrairement à celui de Baudelaire où il est inaltérable. Mishima se livre à l’étude approfondie des mobiles d’un crime.
Emprunt d’une profonde poésie, la beauté se trouve dans l’écriture, dans les merveilleuses descriptions de la nature. Il est des tableaux et des paysages dont la réussite est presque bouleversante.

 

Lecture musicale et chorégraphie le 7 mai 2010 dans la grotte d'Oxocelhaya : retour vers l'article

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