Histoire archéologique de la colline de Gaztelu

Nous vous invitons à suivre l'actualité récente des fouilles d'Isturitz dans les articles suivants parus dans ce blog :


02-10-2010 : La campagne de fouilles 2010 dans la grotte d'Isturitz
15-07-2009 : Fouilles juillet 2009 : fin d'une séquence
15-07-2009 : Un été à fouiller : portraits
19-06-2008 : ISTURITZ : retour des fouilles !
31-03-2008 : Les chantiers de fouilles à Isturitz


 

C’est en 1895 que l’aventure archéologique débute par l’exploitation de phosphate de la grotte d’Isturitz. De nombreux objets préhistoriques sont découverts par les ouvriers, telles les œuvres d’art mobilier (un félin sculpté en bois de renne, des statuettes animales) ainsi qu’une multitude d’objets de silex.
L’importance des artefacts est reconnue le 10 août 1895 par la société savante de Borda (Dax)
qui révèle ainsi l’intérêt du gisement archéologique.

En 1912, Emmanuel Passemard, avec l’accord des propriétaires des lieux (A. Darricau), entreprend de fouiller le gisement archéologique. Poursuivant ses travaux jusqu’en 1922, il découvre le pilier gravé de la grande salle d’Isturitz et une série importante de couches stratigraphiques.
De 1928 à 1959, Le Comte et la Comtesse de Saint-Perrier reprennent les fouilles et confirment les 80 000 ans de préhistoire.

Dans le même temps, la présence de remarquables concrétions dans la grotte d’Oxocelhaya, découverte en 1929 par M. Etxegaray incite A. Darricau à son exploitation touristique.  En 1953, pour faciliter les visites, une jonction entre les deux grottes est percée.
Afin de protéger le site, le 1er octobre 1953, le classement des grottes aux Monuments Historiques est obtenu. Dorénavant, le site devient un lieu scientifique et public.

Par la suite, une série de découvertes viennent alimenter l’importance archéologique du site. Le 23 juillet 1955, à Oxocelhaya, Georges Laplace, Maître de recherche au CNRS, responsable scientifique des grottes jusqu’en 1990, découvre, dans la galerie portant actuellement son nom, des gravures et dessins de chevaux et bison. Il en fera les relevés en collaboration avec l’archéologue Ignacio Barandiaran.


Le 15 août 1973, C. Barroumès et Jean-Daniel Larribau pénètrent pour la première fois dans la troisième grotte, Erberua. Ils découvrent en 1975 des surfaces colorées en rouge et J-D Larribau remarque en 1977 des gravures et peintures sur les parois.

En 1982, Jean-Daniel Larribau met au jour dans une galerie d’Oxocelhaya de nouvelles représentations pariétales de chevaux et de signes.

Depuis 1995, de nombreuses autres manifestations esthétiques et artistiques ont été remarquées, telles de larges surfaces colorées, des signes, un cheval gravé, des bisons dessinés, des tracés digités, aussi bien dans la grotte d’Isturitz que celle d’Oxocelhaya.

Auteur : Aude Labarge    Aulame


Toute (?) l'histoire...


Article de Joëlle Darricau publié dans le bulletin des Amis du Musée Basque Hors Série en 2003

Les grottes, témoin de l’histoire du passage de l’homme

 
Du fait de sa lente évolution et de la relative stabilité de son climat, le monde souterrain conserve parfaitement de nombreux témoignages géologiques, climatiques, paléontologiques et anthropiques. Il est un livre ouvert sur le passé de la terre et de la vie terrestre. Patrimoine encore mal connu, les grottes ont de tout temps exercé sur l’homme crainte et fascination. Elles ont été le témoin de leur évolution, tour à tour abri temporaire, abri organisé, foyer domestique, refuge, forteresse, ermitage ou sanctuaire, elles sont source de légendes et de superstitions.
Dés le XVIème siècle quelques cavernes font l’objet de « visite par curiosité » mais les premières visites organisées remontent, semble-t-il, au XXIIème siècle (Oselle-jura-1738)

Chronologie de la Colline de Gaztelu

- Dans la première moitié du XVIIème siècle, Hautin de Villars puis J. Hellot, reprenant un texte de A. Barba (fin XVIIème) parlent de mines d’or à «  Isturie »…

- Vers 1785, De Diétrich, inspecteur Royal des mines, futur maire de Strasbourg, visite les « mines », n’y trouve aucun or mais il est le premier à les signaler comme cavités naturelles.

- Au XIXème siècle, seule la grotte d’Isturitz est connue et reçoit des visiteurs particuliers : en 1860, Napoléon III et Eugénie de Montijo ; en 1893, Pierre Loti. On y pénètre alors par l’entrée située sur la commune d’Isturitz (d’où son nom) actuellement fermée.

- Vers 1884, arrivée de l’Abbé Hourcastagné et de Lacau-Barragué qui s’intéresse au guano de chauves-souris et aux ossements afin de les exploiter de façon industrielle comme engrais.
Lors de leurs premières recherches ils découvrent des objets préhistoriques qu’ils présentent le 10 août 1895 à la Société Borda de Dax. Edouard Piette, "pionnier de la Préhistoire" est alerté par la découverte de silex taillés, d'énigmatiques os travaillés (félin sculpté) dans la grotte d’Isturitz.
Cette exploitation détruit une grande partie du remplissage de la salle dite des "phosphates". A la suite d’abus, le Dr Laugier, l'arrière grand-père de Joëlle Darricau, propriétaire d’une partie de la grotte, assigne l’autre propriétaire ainsi que les exploitants devant le tribunal qui le déclare dans son droit. Cela entraîne l’interruption de l’exploitation.

- 1912 : Istutitz ouverture de l’entrée côté Saint Martin d’Arberoue.
- De 1913 à 1920 : Isturitz fouilles de Emmanuel Passemard
- De 1928 à 1949 : Isturitz fouilles de René et Suzanne de Saint-Périer.

- Mars 1929 : Oxocelhaya, découverte du réseau  par le meunier Etchegaray.

Présence sur le sol de deux vases carénés (dont l’un orné d’un cordon digité) et d’ossements humains.
Ce réseau comprend deux parties :
- le complexe Haristoya
- le complexe Oxocelhaya
Dans Haristoya, découverte par J.P. Etchegaray de 2 vases et d’un gobelet campiforme. Présence non vérifiée de 3 points rouges.

- 1953 : creusement d’un tunnel de jonction entre les deux réseaux
- 1er octobre 1953, les grottes d’Isturitz et Oxocelhaya sont classées Monument Historique et ouverte au public.

 
- Juillet 1955 et 1956 :  fouilles à Isturitz par Jose Miguel Barandiaran, P.Bouchet et Georges Laplace. De haut en bas :
- couche limoneuse avec post glaciaire
- argile avec paléolithique supérieur (aurignacien ?)
- argile avec rare Moustérien cryoturbé et nombreux vestiges d’ours des cavernes

-
1973, le 15 août :  C Barroumes et Jean Daniel Larribau pénètrent pour la première fois dans la troisième grotte Erberua, dont l’entrée est naturellement protégée par un siphon du réseau encore actif de l’Arberoue.
- 1975 Erberua : JD Larribau y aperçoit les premières figurations pariétales. Par la suite d'autres oeuvres,
gravures et peintures y seront découvertes.
Dans une partie où circule encore l’Arberoue, dans des alluvions : nombreux vestiges osseux (dents et os de mammouth.). La partie ornée est composée d’une salle à partir de laquelle rayonne plusieurs diverticules. Y ont été observées de nombreuses figurations : chevaux, bisons, bouquetin, ours, mains négatives…
Les différentes techniques utilisées sont la peinture (15%), la gravure (50%), le modelage (35%). Structures particulières : cercles de pierres avec dent de cheval en position centrale.
Bibliographie : Larribau JD, Prudhomme - 1989 - Etude préliminaire de la Grotte d’Erberua - L’Anthropologie, tome 93 - N° 2 p. 475 – 493 et Thèse de troisième cycle de Sylvie Prud’homme au Musée de l’homme à Paris (président du jury  Henri de Lumley).

- 1982 Oxocelhaya : Jean Daniel Larribau repère des figurations pariétales, puis une série de gravures et de peintures dans une galerie qui porte maintenant son nom.

 

 

Ces grottes constituent un ensemble archéologique remarquable car sur un même site sont regroupés :

 
- des vestiges d’habitation, (trace de la vie quotidienne),
- des œuvres d’art mobilier (objets décorés que l’on peut déplacer),
- des œuvres d’art pariétal (gravure, peintures sur paroi, os fichés). L’animal le plus représenté est le cheval avec un style tout particulier et une remarquable : crinière très droite…

Une autre grande particularité de la grotte d’Isturitz pourrait être aussi les séries d’objets comme :
- les flûtes : il y en a 22, dont une
aurignacienne, une magdalénienne, les autres étant gravettiennes.
- les statuettes animalières, plaquettes de grés gravées. Toutes volontairement fragmentées, sauf une.
- les baguettes demi-rondes de type Isturitz
- les contours découpés
- des pièces concernant des représentations humaines sur os ou grés.

Après Passemard et Saint-Perier d’autres éminents préhistoriens interviennent sur le site, leurs publications sont rares et confidentielles ce qui explique un certain silence sur l’avancée et la connaissance de leurs recherches archéologiques et de leurs résultats.
Georges Laplace doit être remercié pour avoir été pendant toutes ces années la caution scientifique des lieux, conservateur et protecteur.

-
1955, Oxocelhaya : découverte des premières œuvres pariétales par JM Barandiaran et G.Laplace (galerie G Laplace) : chevaux gravés, petit cheval et tête de cheval dessiné au noir de manganèse, bison, biche gravée, et autres signes…. Depuis l’an 2000 dans un souci de protection cette galerie n'est montrée que lors les visites spéciales ou à thème, réservées à un maximum de vingt personnes.

- 1992 : Il y a du "mouvement" sur la colline…..quelques voitures suspectes chargées d’un matériel bien caractéristique stationnent ici ou là en période de fermeture du site…. Aussi, devant les menaces d’actes clandestins, et tenant compte également de la présence au sommet de la colline de Gaztelu d’une tour, reste d’un château royal navarrais (Rocafort, mentionné aux archives du Parlement de Navarre dès le XIIième siècle), une demande de protection est faite auprès du  Service Régional de l’Archéologie (SRA) d’Aquitaine.


A partir de ces dates-là une nouvelle dynamique se crée sur le site grâce à la volonté et au travail de tous les acteurs actuels qui sont encore et toujours présents sur les lieux. Ils accomplissent un travail formidable de recherche et de publication pour l’histoire du site.

- 1993/1994
A l’initiative du Service Régional d’Archéologie d’Aquitaine, différentes réunions ont lieu pour aboutir à la proposition et réalisation d’un livre blanc sur l’ensemble de la colline de Gaztelu, son état de conservation, ainsi qu'une réflexion globale d’ordre scientifique et conservatoire de ce patrimoine exceptionnel. Cette synthèse menée sur trois ans a comporté :
- un bilan de l’ensemble des recherches entreprises antérieurement : recueil et révision des données ;
- un relevé topographique du réseau karstique ;
- une évaluation du potentiel archéologique subsistant des salles d’isturitz et de Saint Martin, par le biais de sondages, d’une lecture de coupes stratigraphiques existantes et d’un examen approfondi des parois ;
- un diagnostic sanitaire des panneaux ornés d’Oxocelhaya ;
- des sondages sur le château de Rocafort au sommet de la colline ;
- une prospection pédestre serrée de la colline, destinée à reconnaître de nouveaux indices de site



Il en ressort que la grotte d’Isturitz possède deux caractéristiques essentielles :
1 : une position géographique privilégiée, à l’ouest des Pyrénées, au cœur de l’aire Aquitano-Pyrénéo-Cantabrique. Elle se situe dans une des principales zones de passage lors des phases glaciaires
2 : des caractères physiques exceptionnels permettant l’accueil de groupes humains importants. Cela s’est traduit par une série d’occupations, souvent très denses, depuis plus de 80 000 ans. D’où son statut de site de passage et surtout de site de contact, site de regroupement, en particulier au Magdalénien.
Il faut ajouter à cela la cohabitation dans un même réseau de manifestations d’art pariétal et de vestiges des occupations.

Tous ces éléments ont conduit la communauté scientifique à considérer la grotte d’Isturitz comme le principal site préhistorique des Pyrénées occidentales mais aussi comme l’un des gisements paléolithiques les plus importants d’Europe

- 1996 : Les deux grottes étant déjà classées Monument Historique, en liaison avec la Conservation Régionale des Monuments Historiques, c’est toute la colline de Gaztelu qui est inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques. Décision indispensable qui permet un contrôle par le Ministère de la Culture des aménagements réalisés dans ce périmètre, afin de prescrire le cas échéant toute mesure utile pour la protection du patrimoine archéologique .

- 1996/1998 : Isturitz Grande salle et Salle Saint Martin : campagnes de sondages visant à évaluer le potentiel archéologique de la grotte d’Isturitz. Les co-responsables sont A. Turc, Christian Normand, Ignacio Barandiaran

- 2003, les recherches sont concentrées à Isturitz, dans la Salle Saint Martin :
- nettoyage d’une couche stratigraphique complète du Moustérien au Magdalénien,
- étude de l’Aurignacien en place,
- acquisition d’une meilleure connaissance de l’arrivée des hommes modernes et des premiers temps du Paléolithique supérieur.

 


En ce qui concerne la grotte d'Erberua

 
Lors de l’exploration avec la campagne de sondage de la colline, mentionnées plus haut, une plongée était prévue dans Erberua. Le principal but était de mesurer l’état de conservation des œuvres. Le S.R.A. avait pour cela sollicité l’intervention de Collina Girard et de son équipe. Tous
les propriétaires des grottes et terrains concernés par cette opération ont donné leur accord, sauf un : le propriétaire de la voûte où aboutit la résurgence de l’Arberoue et par laquelle devait obligatoirement passer l’équipe des préhistoriens plongeurs. Lourde responsabilité pour ce dernier, l'expédition a du être annulée
Ce même propriétaire,
seul, possède la clé d'accès au lieu. On ignore donc dans quel état de conservation se trouvent aujourd'hui les œuvres de ce patrimoine inestimable. Un revirement de situation, une prise de conscience sont espérés…


Aux campagnes de sondages succèdent des campagnes de fouilles programmées :


- 1999 Isturitz, salle Saint Martin, co-responsables I. Barandiaran et C. Normand avec une équipe de recherche franco-espagnole.
- 2000 – 2008 Isturitz, salle St-Martin :  fouilles programmées sous la responsabilité scientifique de Christian Normand du S.R.A.
Les fouilles actuelles... « au delà de ces vestiges émouvants, c’est une quantité importante d’informations concernant les hommes et leur environnement naturel qui est disponible dans le sol et sur les parois. (…) Témoignages d’instants de la vie de quelques individus, images instantanées d’une exceptionnelle qualité qui viennent illustrer le film de l’histoire de l’humanité patiemment reconstitué, par les archéologues , paléontologues" F. Rouzaud 1997

Christian Normand dirige chaque année au mois de juillet une campagne avec une vingtaine d’archéologues. Les meilleurs spécialistes interviennent par la suite pour une étude approfondie des objets sous formes de rapports complémentaires :
- Etude des restes fauniques : grands mammifères : S. Costamagno
- Etude de la palynologie : F Diot
- Etude des restes anthropologiques : D Gambier
- Etude de l’industrie osseuse : N Goutas
- Etude de l’avifaune : V Laroulandie
- Etude géologique : A. Lenoble
- Datation U/Th des planchers : Y.Kinif
- Etude technologique : C. Normand
- Etude des matières premières : A.Tarino
- Etude des éléments de parure : R.White
Ces campagnes de sondages et de fouilles réalisées par le SRA sont co-financées par la DRAC, le Conseil Général, et la SARL des Grottes d’Isturitz et Oxocelhaya.

- 2001/2002/2003 Oxocelhaya : Aude Labarge reprend complètement la lecture du sanctuaire et observe la présence de nombreux points rouges et autres œuvres… Par ses connaissances, son charisme, sa passion communicative, elle contribue très largement au nouveau rayonnement du site.
 


Que sont devenus les objets issus des fouilles anciennes ?


Les collections Passemard et Saint Perier sont propriétés de l’Etat et entreposées au Musée National de Préhistoire à Saint Germain en Laye.
Au décès des Saint-Perier, ces collections restèrent un temps en dépôt à la Sorbonne. Séjour particulier car, dans cette "salle d’attente", certaines pièces  disparurent… Un coffret disparu contenant des baguettes gravées a été « racheté » à Drouaut quelques années plus tard !

Peu ou pas d’ouvrages destinés au grand public ont restitué le résultat des recherches faites dans la première moitié du XXème siècle
La richesse du gisement est impressionnante. Pour en mesureer l'importance, voici ci-dessous un résumé du relevé de la thèse de Xabier Esparza San Juan (1995).

Recherches anciennes dans la grotte d’Isturitz :
Les différents archéologues ont distingué deux grands secteurs :
- la salle Saint Martin (où ont lieu les fouilles actuelles) "SM"
- la grande salle d’Isturitz "I"
Les industries contenues dans celles-ci ne sont pas identiques et dénotent des fréquentations différentes de la part des hommes préhistoriques.

Liste des occupations reconnues :
Les nombres d’objets signalés sont issus d’un décompte fait par X. Esparza sur les séries conservées au Musée des Antiquités Nationales à Saint Germain en Laye :

- Gallo-romain : nombreuses monnaies et fragments de vases dans I. Pas d’inventaire précis

- Médiéval : 1 carreau d’arbalète et un vase dans I. Pas d’inventaire précis

- Néolithique final ou Age de Bronze (5000) : zone sépulcrale avec de nombreux ossements humains et fragments de poteries dans SM et I. Haches plates en cuivre et haches polies dans I. Pas d’inventaire précis.

- Magdalénien final – Azilien (10 000) : occupation dans I -  Objets en os : 102 (poinçons, rares sagaies, harpons…) - Pièces en silex : 790 dont 38 nucléus et 254 outils (grattoirs majoritaires, burins, lames retouchées...) - Œuvres d’art : rares, surtout décors géométriques.

- Magdalénien supérieur à harpons (15 000) : occupation très abondante dans I - Objets en os : 1324 (sagaies, poinçons, harpons, bâtons perforés, lissoirs, aiguilles, parures…) - Pièces en silex : 2412 dont 369 nucléus et 1534 outils (17% de grattoirs, 53% de burins, lames retouchées…) – Faune : renne majoritaire, cheval, et bos - Climat d’après la palynologie : froid et humide 0,4% d’arbres (pins, bouleaux).

- Magdalénien moyen (17 000) : occupation très abondante dans I et SM - Objets en os : 3502 (sagaies, poinçons, baguettes demi-rondes, lissoirs, bâtons perforés, aiguilles, parures…) - Pièces en silex : 7542 dont des nucléus, et 5231 outils (22% grattoirs, 48% de burins, lames retouchées…) - Œuvres d’art : extrêmement nombreuses - Faune : cheval et bos, cerf et renne…. – Climat : moyennement froid avec 1,8% d’arbres (noisetiers, chênes, saules, aulnes, hêtres)

- Solutréen (20 000) : occupation peu nombreuse dans I - Outils et os : 177 (sagaies, poinçons, aiguilles, parures…) - Pièces en silex : 628 dont 13 nucléus et 480 outils (38% de grattoirs, 28% de burins, lames retouchées, 4% de feuilles de laurier…) - Œuvres d’art : peu nombreuses – Faune : cheval et bos, renne, antilope,saïga… - Climat : léger adoucissement pendant une période assez humide (steppe-parc) avec 3,2% d’arbres (noisetiers, aulnes, chênes, hêtres). Présence de fougères (sous bois)

- Périgordien supérieur (Gravettien) (30000 -25 000) : occupation très abondante dans I - Outils en os : 2008 (poinçons, sagaies, dont sagaies de type Isturitz, parures..) - Pièces en silex : 15497 dont 164 nucléus et 13171 outils (28% de grattoirs, 45% de burins dont 15% de burins de Noailles, 1% de pointes de la gravette..) - Œuvres d’art : quelques gravures et de très nombreux os encochés – Faune : cheval et bos, renne et cerf, apparition de l’antilope saïga… - Climat : maximum du froid avec 0,25% d’arbres (steppe), sec.

- Aurignacien typique (35 000) : occupation peu nombreuse dans I, plus abondante dans SM - Outils en os : 578 (poinçons, sagaies, parures..) - Pièces en silex : 5506 dont 402 nucléus et 3870 outils (51% de grattoirs dont 11% de grattoirs carénés, 8% de burins, lames retouchées dont 2% de lames à retouches aurignaciennes…) - Œuvres d’art : os encochés - Faune : cheval, bos, renne puis cerf… - Climat : pas très froid avec 2 ?4 % d’arbres (noisetiers, aulnes, et ormes, pins)

- Proto-Aurignacien ( 45 000 - 35 000 ) : occupations rares dans SM et extérieur. (entrée SM) - Outils en os : 0 - Pièces en silex ; 223 dont 1 nucléus et 156 outils (grattoirs, burins…) - Climat : début du refroidissement net avec 1,7% d’arbres (noisetiers, pins), bruyères assez nombreuses.

- Moustérien (sup) (65 000  -45 000) : occupation dans SM - Pièces en silex : plusieurs centaines(éclats, racloirs…) - Faune : cerf, cheval, rhinocéros, apparition du renne… - Climat : assez tempéré avec 6% d’arbres (noisetiers, chênes, ormes, pins…)

- Moustérien (inf) (-80 000) : occupation dans SM - Pièces en silex : plusieurs centaines (éclats, racloirs, outils en quartzite…) - Faune : cheval, cerf, ours, hyène…

Au total :
- des outils en os : 7831 minimum.
- des pièces en silex, non comprises celles moustériennes : 33 814 dont 25652 outils.
- des œuvres d’art : plusieurs centaines (inventaire non réalisé).
- des fragments osseux : au moins plusieurs milliers.
En réalité, si l’on tient compte de ce qui n’a pas été récolté (en particulier la plupart des éclats et un très grand nombre de fragments osseux) il faudrait peut être multiplier certains nombres par 5 ou par 10.

Aujourd’hui ces collections d’Isturitz bénéficient d’un traitement privilégié au Musée de Saint-Germain-en-Laye. Plusieurs personnes travaillent sur des séries, les pièces sont parfaitement répertoriées et protégées dans le nouveau dispositif de conservation du musée.
Des liens amicaux existent avec toute l’équipe de scientifiques et de conservateurs travaillant à Saint Germain en Laye. Ces contacts favorisent les échanges.

Que deviennent actuellement les objets trouvés lors des fouilles ?

La législation est claire : ils restent la propriété des propriétaires des lieux. Aujourd’hui pour des mesures de sécurité, de conservation et surtout pour permettre aux scientifiques d’avancer dans leurs recherches ces objets sont entreposés au Centre Départemental de dépôt de Fouilles à Hasparren.