Lancement recherches Art Pariétal

ART PARIETAL

Nouvelles recherches dans les grottes d'Isturitz et Oxocelhaya

Directeur de recherche : Diego Garate

Campagne mai 2011Photo Diego web

2011 - 2016 The decorated caves of Gaztelu hill

2011 - 2016 Gaztelu mendiko haitzulo apainduak


Rappel : les premières découvertes en matière d'art pariétal à Isturitz

Dès 1913, Emmanuel Passemard répertorie une quinzaine de gravures d’animaux sur le pilier central de la Grande salle d’Isturitz. Un nouvel examen approfondi des figurations de ce pilier, réalisé en 1971 par Ignacio Barandiaran et George Laplace, authentifie six représentations animales : deux petits cervidés, un renne, un ours, un bouquetin et un cheval.

 

Le travail réalisé de 1955 à aujourd'hui

La grotte d’Oxocelhaya-Hariztoya, second niveau du karst de la colline de Gaztelu, est découverte en 1929 par J.O. Etchegaray. En 1955, Georges Laplace découvre des figures pariétales dans une galerie terminale. En 1982, Jean Daniel Larribau identifie de nouvelles œuvres pariétales dans une autre galerie. Un travail sur l’ensemble de l’art pariétal des grottes de la colline est alors engagé par Sylvie Prudhomme, thèse soutenue en 1989.

 

En 1995, le Service Régional de l’Archéologie d’Aquitaine a engagé une opération visant à déterminer le potentiel archéologique de l’ensemble de la colline de Gaztelu, sous la forme d’un « livre blanc ».

Cela s’est traduit, entre autre, par la réalisation de plusieurs sondages dans la grotte d’Isturitz, sous la co-direction d’A. Turq et de C. Normand entre 1996 à 1998 et la révision de l’art répertorié à Oxocelhaya par Aude Labarge.

 

De 2000 à 2010 une équipe coordonnée par Christian Normand a réalisé la fouille archéologique de la séquence aurignacienne de la salle de Saint-Martin (40.000-30.000 ans). Lors de la reprise de ces travaux des nouveaux éléments graphiques concernant l’art pariétal ont été découverts : des taches et traits rouges inédits, quelques lignes noires et des os fichés dans les parois.

 

Une nouvelle recherche

Étant donné l’histoire du site il semble alors évident et nécessaire de reprendre les études en art pariétal, et ainsi d’établir de liens entre site d’habitat, art pariétal et art mobilier. En 2010, une nouvelle équipe pluridisciplinaire et transfrontalière d’une vingtaine de chercheurs se met en place sous la direction de D. Garate (conservateur au Musée de l’Archéologie de Biscaye, à Bilbao).

 

Les axes de travail

Plusieurs axes de travail ont été définis en accord avec les principaux objectifs à mener à bien dans le projet : 

- Restitution topographique des grottes (M. Douat).

- Caractérisation géomorphologique des grottes (N. Vanara).

- Restitution 3D des grottes (J. Darricau).
- Inventaire des activités pariétales paléolithiques (D. Garate)
- Détermination chimique de la composition des peintures  (K. Castro). Analyse des objets fichés (M. Peyroux).
- Datation par C14 des activités pariétales  (C. Szmidt).
- Analyse des habitats paléolithiques (C. Normand).
- Analyse technologique de l’activité graphique (R. Bourrillon).
- Analyse plastique de l’activité graphique (A. Labarge).
- Analyse stylistique de l’activité graphique (D. Garate).
- Contextualisation géographique et chronologique des activités pariétales (D. Garate, A. Labarge, M. Peyroux, R. Bourrillon, C. Normand, O. Rivero).


Ces différents axes de recherches seront développés sur les six prochaines années. Ils permettront ainsi d’appréhender d’une part la place de l’art au sein des sociétés préhistoriques, d’autre part le rôle majeur qu’occupent les grottes d’Isturitz et Oxolcehaya dans la région pyréneo-cantabrique.

 

Une équipe pluridisciplinaire

Ce projet a été validé par Dany Barraud (conservateur régional de l’archéologie) et reçoit le soutien financier de la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) d’Aquitaine. Joëlle Darricau, propriétaire des grottes, et l’Association Gaztelu fournissent également un appui logistique et financier au projet.   

Plusieurs organismes sont ainsi associés au projet : Isturitz Oxocelhaya Espace Culturel Arts et Sciences, Association Gaztelu, Université de Toulouse-Le Mirail, Université de Bordeaux I et Université du Pays Basque. Dans le contexte de l’intégration des nouvelles technologies en archéologie, un partenariat est mis en place avec l’École d’Ingénieurs de Bidart (ESTIA).

 

Lancement des travaux de recherche dès 2011

La première campagne s'est déroulée du 21 avril au 2 mai avec une révision de  l’inventaire de l’art anciennement publié.

Une topographie détaillée des grottes est en cours de réalisation.

Également, afin de combiner au mieux l’application des nouvelles technologies à l’étude de site (restitution tridimensionnelle et photogrammétrie), des tests sont réalisés.

Ces travaux nous permettront dans les années à venir d’établir la prospection détaillée des parois et les études approfondies de l’art.

Les premiers travaux de ce projet original et ambitieux, offrent déjà des résultats prometteurs. Nous savons d’ores et déjà qu’ils seront enrichis dans les années à venir.

Donamartiri, mai 2011