Les Grottes - Joëlle Darricau

Joëlle Darricau, propriétaire du site, gère l'activité économique des grottes au travers de la SARL des Grottes d'Isturitz Oxocelhaya.

Il s'agit ainsi d'une entreprise qui oeuvre dans le secteur du tourisme et accueille chaque année plusieurs milliers de visiteurs.

Son activité reposant sur la promotion des richesses géologiques et archéologiques de la colline de Gaztelu, la SARL a naturellement aussi pour vocation
la préservation et l'entretien de ce site fragile, ainsi que l'aménagement des structures d'accueil qui sont liées à cette activité touristique.

Concernant le projet culturel, la SARL des Grottes apporte sous forme de mécénat, ou par mise à disposition de ses infrastructures, un soutien logistique, de compétence et administratif qui favorise considérablement son avancée.

La SARL est également la structure qui emploie les guides des grottes.
Par leurs compétences plurielles ceux-ci sont à l'interface des différents volets du projet culturel de la colline de Gaztelu.

Joëlle Darricau, militante pour un "autre développement touristique"

Tout comme les grottes sont la propriété de la famille Darricau depuis plusieurs générations, les enfants de Joëlle Darricau, l'actuelle propriétaire, sont aussi très impliqués dans les réflexions qui guident l'évolution du site.
Au delà de la stricte gestion de son site, Joëlle Darricau s'implique largement depuis des années dans diverses structures de développement touristiques, locales, voire internationales. Elle milite principalement pour le développement d'un tourisme "responsable", respectueux de l'environnement, de l'homme et des cultures présentes ou passées.
Ainsi,
elle est responsable depuis 2008 de la commission "Préhistoire" au sein de l'ISCA (International Show Caves Association). Voir l'article.

Dans la suite de cet article, quelques textes de Joëlle Darricau sur sa vision du tourisme et des conditions de son développement.
 



I.S.C.A

Congress N° 6

International Commission on Prehistory in Show Cave

23 octobre 2010

In english here


C’est au moment de la préparation de  la conférence de l’I.S.C.A.  à Toulouse en 2008 que j’ai présenté au Président David Summers mon idée de doter l’Association d’une commission plus spéciale portant sur la préhistoire.

J’avais en tête une certaine frustration lors de nos rencontres car il manquait aux grottes préhistoriques justement la dimension de la Préhistoire, lieux éminemment symboliques et tellement porteurs de sens, témoignage de notre Humanité.

Merci au Board d’avoir officialisé cette demande en Aout 2008.


J’espère beaucoup pendant ce congrès identifier les grottes préhistoriques full member et connaître les personnes qui  représentent chacune d’elles...  C’est toute la difficulté que j’ai eu depuis le début pour activer ce réseau… il me faut avoir un interlocuteur manager par grotte préhistorique et ses coordonnées mail.


Les différents sujets abordés dans cette commission sont divers et variés. Ils touchent toutes les sciences de l’archéologie. A cela viennent s’ajouter de nouvelles techniques de recherches assez surprenantes, aujourd’hui expérimentées sur certains sites préhistoriques, pour mieux comprendre un ensemble de données restées encore à découvrir.

Je n’en citerais qu’une... l’application des techniques de la police scientifique.

D’autres pratiques comme les études environnementales : la climatologie, la bactériologie… pour les fouilles : la sédimentologie, l’étude des matières premières, industrie osseuse et lithique …

L’anthropologie sociale…. comprendre les liens sociaux d’une économie préhistorique…

L’introduction des sciences cognitives : les neurosciences.

L’anthroposophie : science spirituelle, qui conduit l’esprit qui vit en l’homme vers l’esprit qui vit dans l’univers… R Steiner

Science spirituelle, chemin de connaissance et façon de vivre

La biomécanique comportement de l’humain, approche physique et psychique, la conceptualisation du geste.  La spatialisation...

Porter un nouveau regard sur les œuvres : la plasticité, et tenir compte de la  dimension sonore et de la résonance.

Quel langage révélateur de liens culturels ?


Tout cela représente autant de nouvelles recherches appliquées pour comprendre leur mode de vie, connaître leur savoir faire, supposer un mode de penser,  imaginer des comportements

Peut être allez vous penser que cette énumération de techniques de recherches, quelque- unes révolutionnaires, et ces nouvelles lectures portées sur ces patrimoines, ne vous concernent pas ou seulement qu’a moitié !


Vous managez de ces sites ????

Ce nouvelles approches nous fournissent à nous gestionnaires de ces sites autant de matières à réflexion et nous ouvrent à de nouvelles perspectives pour l’évolution d’une offre performante, novatrice, qualitative, mise à la disposition de visiteurs toujours plus exigeants, avides d’informations justes, pour découvrir et comprendre.

Ces sites ouverts au public deviennent alors de vrais liens entre scientifiques et grand public grâce à une médiation adaptée qui relie ces deux mondes qui se rencontrent rarement.


En assistant à différentes Symposiums internationaux : Lascaux, Ifrao, Commissions de réseaux : « Pyrénées Préhistoriques », « Chemins de l’Art Aurignacien, » et « Caminos de Arte Rupestre", je me retrouve souvent seule propriétaire, manager de site préhistorique.

Pourtant c’est là que je puise de nouvelles idées, que je nourris ma réflexion pour pouvoir expliquer et penser sur le site des grottes la Préhistoire au présent dans une offre plus originale et actuelle. C’est là aussi que je m’interroge sur notre futur... que je peux décider d’appliquer des ruptures de pratiques obsolètes,  d’innover en matière de présentation, de m’entourer de personnes ayant des compétences bien spécifiques. Savoir aussi parler des autres, de vous... au final répercuter au travers de ce réseau, le notre, tout ce que nous serions à même de glaner dans nos déplacements et nos lectures

Savoir présenter la spécificité de nos sites avec en arrière plan une notion plus vaste de l’histoire de la préhistoire.  Pour l’instant nous sommes tous fragmentés et chacun de nous déclinons qu’une partie du sujet : le notre.


La commission existe : elle sera un lieu de réflexion grâce au site web, à l’espace intranet, formidable outil de travail et de partage, à nous de le faire vivre comme tel. Pour cela il nous faut adopter une nouvelle façon d’agir…. Créons une intelligence collective grâce aux nouvelles technologies  de la communication.

Rompre avec nos habitudes, penser aux autres, être curieux de l’autre, partager, échanger et surtout prendre le temps de le faire, créer le mécanisme du clic copier, clic envoyer.

La survie de ces hommes est passé par l’échange, le partage, dans une intuition vécue  d’une interdépendance du monde du vivant et de la nature.

La diversité culturelle est un enrichissement d’une humanité en marche, nous évoluons sans cesse. Nous en sommes les acteurs.

Il nous faut développer aujourd’hui plus que jamais une capacité d’adaptation, nourrie cependant d’une grande et lente réflexion dans nos choix.


Je n’ai pas le temps de l’évoquer maintenant, mais j’aimerais que nous nous posions la question de quel tourisme pour nos sites ?... jusqu’ou pouvons-nous aller ?... encore une gestion de paradoxes.

Quelle formation pour notre personnel en charge de la médiation ?... les dangers..., la notion de mode …, rentabilité…, compétence… .


Pour parler de cette  préhistoire-là... :

Comme eux, soyons Chasseurs d’informations ;

Cueilleurs de nouvelles idées ;

Nomades pour une vision plus large et un partage qui enrichira chacun de nous.


La préhistoire ! Notre histoire de famille qui est  loin d’être terminée !!!

Etymologiquement  Homo Sapiens « l’homme qui sait » Nous en sommes !

Yves Coppens dit "l’Homme qui sait qu’il sait !".

Je serais plus modeste en pensant que plus on croit savoir, plus on se rend compte qu’on ne sait pas grand-chose.

Voila toutes les pistes que je souhaite explorer avec vous grâce à nos futurs échanges.

Cette commission sera celle que nous construirons tous ensemble.

 

Joëlle Darricau - octobre 2010





Une certaine idée du "management" touristique...

"La gestion d’un patrimoine qui contient toute l’histoire de notre humanité, elle-même contenue dans une histoire encore plus ancienne, celle de la formation géologique de notre terre, influence sûrement la vision actuelle d’un management de site touristique, pas banal, que sont les grottes d’Isturitz et Oxocelhaya, site de tourisme culturel et scientifique en milieu rural.

Le souci majeur dans ces cas-là, est le dosage juste entre protéger et montrer…. entre la science et une médiation pour tous…. entre le respect d’un milieu rural actif  et la venue de visiteurs sur un territoire majoritairement agricole.
Tout est une histoire d’homme.
Nous en arrivons à la pratique logique d’un tourisme respectueux des hommes et de l’environnement dans lequel il se développe, d'un tourisme responsable et durable, un tourisme où la rencontre et le partage sont des données primordiales, où la découverte et le respect de l’autre sont au centre d’un développement harmonieux pour tous, donc solidaire.

Pour se faire on se doit de :
-    s’interroger, comprendre, penser, transmettre, organiser, expliquer, communiquer, limiter, former, tisser des liens, viser toujours l’excellence, optimiser les services et surtout donner du sens ;
-    être à l’écoute de nouvelles demandes d’un coté comme de l’autre ;
-    faire le choix de la qualité par l’innovation toujours raisonnée ;
-    mettre en place UN accueil ou le visiteur doit se sentir "attendu et désiré" (Kenneth Hudson), un accueil généreux sans être permissif ;
-    aider les visiteurs à devenir des éco-touristes.

Développer l’Esprit du lieu :
Ce site qui a traversé les âges est un lieu de stabilité, un lieu où nous aidons à renouer avec le vrai, avec nous-même, grâce à l’authenticité toute naturelle du milieu souterrain et de la vallée préservée de l’Arberoue. L’homme peut se situer par rapport au temps, dans ce lieu de ressourcement.

Manager c’est aussi prévoir de former l’équipe en place à l’éventualité de ces interrogations… de ces chocs… de ces  prises de conscience.

Mon credo est aussi une volonté de travailler en groupe, de garder une vision élargie d’un développement touristique interdépendant, où chacun apporte et complète une offre touristique riche, variée, où la qualité doit primer.

Travailler en réseau pour faire front à un touriste exigeant, pressé, nomade, zappeur, avide de sensations et de nouvelles expériences, cela pour garder une cohérence territoriale déjà  pensée dans son développement   

Mettre en avant et encourager dans leurs démarches les compétences des personnes  travaillant sur le site : à l’accueil, avec les guides, avec les partenaires que sont Aulame (entreprise de médiation en préhistoire) ou les «Pierres du Pays Basque» (association de géologues) pour une découverte de la géologie des lieux plus approfondie.

Une décision responsable pour la préservation du site et la qualité de sa présentation :
Nous accueillons environ 55 000 visiteurs par an, dont 6000 scolaires ; l'équipe se compose de 3 permanents et de 14 personnes en pleine saison.
Nous avons décidé pour des raisons de conservation et de protection des grottes de limiter le nombre de visiteurs à 900 personnes par jour en juillet et août.

Création en 2007 de l'Espace Culturel :
("Association Isturitz Oxocelhaya, cultures, patrimoines, et préhistoire" d’intérêt général à but non lucratif) : son but est de faire vivre ce patrimoine, que les artistes se l’approprient pour le vivre comme un lieu de ressourcement, d’inspiration et de créations.

Interroger l’évolution
Ces grottes, de la préhistoire à l’Histoire furent à certaines époques lieu de regroupement de population, où la notion de sacré était certainement présente, lieu de rencontre, d’échange de savoir faire, partage de cultures, foyer de création… La mythologie est aussi présente : les légendes nous rapportent par exemple l'histoire des Laminak de ce trou… Laminak ziloa !
Aujourd’hui ce site doit vivre en lien avec nos ancêtres, leurs histoires, leurs croyances, leurs pratiques, leurs cultures. Il convient d'y apporter de la même manière une empreinte contemporaine qui enrichisse le cycle de l’évolution.
Evolution que nous souhaitons « raisonnable et humaine ! » (khan)

Enfin, philosophie de gestion :
Gestion de paradoxes : clair sombre, contemporain archaïque, passé présent ;
Affiner sa réflexion, se situer dans la durée et dans l’espace ;
Puiser dans le silence, la façon de créer une harmonie, respecter l’identité propre a chaque identité, cette gestion conduisant surtout à un management porteur de sens ;
Donner du sens est le maître mot de tous nos choix, sans démagogie, sans concessions. Ce n’est pas toujours facile…

Il est des lieux où souffle toujours l’esprit de l’Homme…

Face à ce bel orchestre symphonique, 
voilà ma partition !
Elle ne peut se jouer qu’avec passion, conviction et enthousiasme !"


Joëlle Darricau



Article écrit pour LEMA en 2007

Entre mutation, prise de conscience et changement de comportements, le monde du tourisme bouge et se positionne.


Nous assistons depuis quelque temps à un changement dans la conception du développement touristique de notre région.

Depuis les années 90 qui ont été des années fastes, avec des pics de fréquentation de sites importants, nous assistons à une lente érosion de cette fréquentation. Cela s'explique facilement : les personnes ne restent plus si longtemps, le porte-monnaie est moins plein, il y a les vacances à la neige... L'offre touristique s'agrandit, la concurrence est certaine...

Au lieu de se lamenter, je serais tentée de dire : "tant mieux !"... et essayons de maîtriser ces phénomènes et de réfléchir à ce que nous voulons pour le développement touristique de notre région.

On peut difficilement éviter la masse touristique des mois de juillet et août mais travaillons le mieux possible les autres périodes. Nous n'avons pas attendu les élections présidentielles pour rajouter au mot tourisme divers qualificatifs, des mots que tout le monde se plait à prononcer seulement aujourd'hui !

La tâche est vaste et on peut même être amené à penser que cela ne nous concerne pas..

Le tourisme doit gérer un paradoxe où croissance et durabilité ne vont pas forcément ensemble, nous devons penser un tourisme que nous avons de plus en plus de mal à maîtriser. Remettons-nous en question, calculons l'impact de nos développements et de notre gestion, de façon à pouvoir inscrire notre activité dans une durabilité.

Vaste sujet que celui de cette mutation, le monde du tourisme bouge et doit se positionner, agir, conscient de l'interdépendance des choses.

Comprenons que tout ce que nous faisons a des répercussions sur toute la planète.

Cela nous apprend à regarder autrement ailleurs, à comprendre que nous devrions être tous solidaires et qu'il existe toujours un rapport de cause à effet.

L'acte individuel concerne tout le monde cela est une notion nouvelle.

En quoi sommes-nous concernés ? Nous, les socioprofessionnels de base ?

Sincèrement, j'espère que nous n'en sommes pas encore à nous poser ces questions et que nous avons déjà pris ce grand train qui est en marche. Mais sait-on jamais...

Le tourisme solidaire, responsable et durable que met-on derrière ces mots ?

Le tourisme solidaire n'est pas réservé à une solidarité s'appliquant seulement à un lointain pays....

Il est une forme très aboutie de développement local ; solidarité entre le touriste et la population locale ; levier économique où la préservation du patrimoine culturel et naturel est pris en compte

Plus éthique, moins agressif, plus durable, il garde une dimension humaine.

Il regroupe des formes de tourisme alternatif ou l'homme et la rencontre sont au centre du « voyage ». La démocratie participative et la solidarité s'enrichissent mutuellement. Ce genre de tourisme, tout comme le tourisme rural, a sa clientèle bien particulière.

La solidarité doit jouer aussi au niveau des professionnels, par exemple se regrouper entre sites... Signaler sur son territoire les autres activités cela contribue aussi à une qualité de l'information pour celui qui cherche à découvrir.

Le tourisme responsable

L'idée est que celui qui offre doit mesurer jusqu'où il peut planifier son développement de façon à ne pas dépasser la barrière de la non maîtrise de son activité.

C'est une prise de conscience de ses limites. L'Homme, la rencontre, l'échange sont sources d'enrichissement mutuel. Le respect de la personne, des cultures, de la nature, la répartition plus équitable des ressources générées sont la base de ce tourisme. Tous les acteurs, organisateurs de l'offre doivent veiller aussi à contribuer le plus possible, au développement des populations d'accueil.

Le tourisme durable ou plutôt le développement durable du tourisme est l'application dans le secteur du tourisme des concepts du développement durable : « répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. »

Il recouvre toute forme de développement, aménagement ou activité touristique qui respecte et préserve à long terme les ressources naturelles, culturelles, sociales, et contribue de manière positive, équitable au développement économique et à l'épanouissement des individus qui vivent travaillent ou séjournent dans une région déterminée.

Cela limite donc un tourisme de masse, valorise le patrimoine culturel et naturel et permet des relations plus enrichissantes entre les différents acteurs touristiques.

La notion de durable est claire mais parait difficile à instrumentaliser de façon diverse par des acteurs qui sont dans des situations contrastées ;

Autrement dit encore : connaître ses limites et se les imposer, ne pas abuser de notre terre nourricière, si généreuse mais qui s'épuise.

Nous flambons. Elle meurt à petit feu !

Le tourisme durable est un processus, c'est une attitude et l'on peut faire du durable avec de petites choses sans devoir élaborer des projets complexes, c'est la volonté de chacun plus qu'une méthode.

C'est un état d'esprit : responsabilité, solidarité, écoute, innovation, penser à la durabilité de toutes les actions que nous entreprenons... C'est une volonté, une démarche.

Cela devient donc un tourisme doux, maîtrisé, intégré dans le territoire.

Ce n'est surtout pas l'affaire des autres. Nous n'avons plus le droit de mener la politique de l'autruche.

A l'échelle du territoire cela nécessite,

- avec les élus, l'impératif d'une certaine ambiance pour créer un processus de développement basé sur la politique choisie.

- en terme technique la nécessité d'adapter des méthodes d'analyse et d'animation.

Il est de notre responsabilité d'agir à notre niveau tout simplement.

Notre Mère Terre est malade respectons-la, sauvons-la s'il en est encore temps, rendons-lui l'amour qu'elle nous a toujours porté car, attention, elle s'épuise !!


"L'homo-touristicus"

L'accueil pratiqué dans une région touristique étant un élément important pour la durabilité et la fidélisation de notre clientèle il me semble important de comprendre qui est aujourd'hui cet "homo touristicus". Que vient-il chercher chez nous ? Quelles sont ses attentes ? En quoi, pour lui, ses vacances seront-elles réussies ?

Le voila décrit dans cet extrait des cahiers d'ingénierie touristique que je vous livre tel quel :

"Il est devenu versatile, volatil, zappeur et infidèle, inattendu tant pour lui-même que pour les autres, confus dans ses ambivalences et dans ses attentes parfois contradictoires. Mieux informé, plus cultivé, il consomme moins pour paraître que pour être bien. Son moi l'intéresse : il désire être rapidement satisfait dans sa recherche d'hédonisme mêlé au désire de sécurité, de service, d'hospitalité... ; ce qui n'empêche pas aussi de se vouloir convivial, solidaire et empreint d'une éthique qui lui est toute personnelle ;

Car "l'homo touristicus" a un besoin existentiel à satisfaire.

Pauvre touriste en désarroi, qui doit abandonner ses repères et ses logiques !! Où va-t-il trouver une solution alternative à son quotidien ?

Où pourra-t-il trouver la sociabilité et la réponse à sa quête de sens ?

Grâce à quoi parviendra-t-il à cautériser des liens qui se déchirent, voire sont pulvérisés ?

La consommation touristique jouera-t-elle le rôle d'un « parachute social » qu'il va découvrir, puis s'approprier, car ressentie comme authentique, vraie, chaleureuse, créatrice de relations et de sens ? "

C'est vraiment ce que l'équipe d'accueil que nous sommes aux grottes avons constaté.

Encore des données dont nous devrons tenir compte, car de notre capacité à nous adapter et à comprendre l'autre, dépendra aussi une durabilité qualitative de notre offre et surtout une pleine satisfaction de ce si cher cro-magnon.

Partageons nos valeurs, le « baltxan »* faisant partie de notre culture !

Sachons rester "raisonnable et humain". (khan)

Joëlle Darricau

Article écrit pour LEMA en 2007

* "Baltxan" est un mot magique propre au monde maritime local basque. Il signifie partager, mettre en commun