Textes Atelier d'écriture

Kanpo / Extérieur

Jeu collectif d'écriture, feuille qui tourne : "J'écris..."

J'écris sur une feuille de chêne
J'écris quand l'arbre tremble sur ses racines
J'écris pour la douceur de l'ombre
J'écris avec la lumière qui rampe sous la porte et se glisse entre les volets
J'écris sous mon lit afin de me cacher
J'écris à côté de mon corps pour mieux m'observer

Idazten dut niretzat ordenagailuan
Idazten dut orroitzeko. Nihaurentzat.
Euskarak ni baitan oihazrtzun berezi bat dauka eta gozatzen dut.
Idazten dut gerokoeioraik,  hatz bat uzteko.
Idazten dut maite ditutanendako, amodioz eta pozez.
Idazten ditut ederrak kausitzen ditudan pasarte interesgarriak, hunkitzen nautenak.
Idazten dut ixiltzeko.

        J’écris pour moi : pour me souvenir
          Parce que le basque a une bonne résonance en moi (musique) donc pour goûter la langue.
          J’écris pour ceux qui viendront, qu’ils aient une trace de ce présent.
          J’écris pour ceux que j’aime, d’amour et de joie.
          J’écris tous les textes qui m’intéressent, ceux qui me touchent.
          J’écris pour me taire.


J'écris sur le monde comme il tourne
J'écris quand le monde tourne de travers et que ma tête tourne dans l'autre sens
J'écris pour faire en sorte que le monde et ma tête tournent dans le même sens, et si possible à l'endroit
J'écris avec le rapporteur, le compas et l'équerre… angles parfaits, détours parfaits
J'écris sous la voûte céleste, je suis soûle, ça tourne…
J'écris à côté du monde, près de toi


Un objet, c'est….

Un objet, c’est une chose, ce n’est pas un être vivant. Enfin peut-être que c’est vivant mais ce n’est pas un être vivant, un homme, un animal. Mais un homme peut être objet. Objet du sujet. Mais qui est le sujet ? Un objet, c’est quand le sujet agit sur l’objet, mais s’il n’y a pas de sujet, qui est l’objet ? Un objet est là, il peut être posé ; peut-il ne pas être posé ? Peut-être qu’un objet est fabriqué. Car ce qui est là sans nous est vivant, et l’objet ne vit pas. Ou ne vit plus. Alors quand on ne vit plus, devient-on objet ? Peut-être que notre corps, notre être vivant qui meurt, est alors un objet. Un objet est donc mort ?


Faire parler un objet préhistorique

Parole de flêche
Ni, sasian sortua naiz, sasian hazia. Moztu nauzue, neurtu, ixil ixila leundu. Makila pollit baten forma eman didazue. Buruan, puntaren puntan, hezur bat sartu didazue. Orkatz buru bat zizelkatu. Zer itxura galanta. Soka fin eta tinko batez denak estu lotu dizkiguzue. Ez gara hiru orain,  bat gara.. Soka, makila eta hezurra hiruak bat.
Eskuan hartu nauzue. Ahurrean hobeki kabitzeko otso larruz inguratu nauzue. Ez ote naiz bada bilakatu gosetia ?  
Esku betean, sorbalda gainean, gezi batez armaturik, hor nago ni tinko eta prest……
Orain giza semearen besoa eta eskua naiz, giza-semearen giharrea eta zaina, giza-semearen gogo zorrotza.
« Hoa » Irrintzi bat ! Firrindan joan da gezia !  Bihotza taupadaka … Ukaldia, ukaldi, uka, uk…
Orduan sasiaren orroitzapena etorri zait. Nire erroak han ditut. Ezagutzen ditut sasi-animaliak : lasterrak, auhenak, arnasak, orroak eta odol herrestoak…
Aie ! Aie. Ni naiz heriotza eta bizia


Une peau

Je déteste être étalée là, à la vue de tous. Je déteste être si douce au toucher d’un côté et si âpre de l’autre. Je déteste cacher mes mauvais côtés et ne montrer que ces jolies couleurs, afin qu’on oublie ma souffrance et tout ce qui s’est passé avant que je sois là, devant vos yeux. Je déteste être sur ce carrelage dur et froid, si entourée de tous mais si seule au fond. Je déteste ne pas pouvoir bouger, être pliée en deux, recevoir des gouttes de pluie sur mon corps nu. Je déteste que ces objets soient posés sur mon corps, comme si je ne pouvais être exposée seule, comme s’il me fallait des artifices pour que les gens me regardent. Je déteste toucher ces os froids et sans vie. Je déteste l’odeur de ces chaussures autour de moi. Je déteste qu’on parle de moi sans que je puisse me défendre. Et ce que je hais le plus, c’est d’être ce que je suis sans pouvoir être autre chose que ce qu’on voit de moi.

Acrostiche

Aude…
Alphabet
                  Alignement                       Arithmétique
Utile                         Universel,                         Ubuesque.
Dans                        Délire                               Dérisoire
l'Espace                   Extragalactique                Evasion

Ines…
Izenak izana
Naizena nortasuna
Ekaineko egun batez
Santimamiñe gogoan


Dedans / Barne
Dans la grotte, salle St-Martin


Récolte de mots et avec ces dix mots écriture d'un texte / Hamar hitzak testu batean sartu


Ama - dilingo - oihartzun  - kablea  - iluna  - geldi-unea  - pizua  - minerala  - sabela - bizkarrez  

Ama, bizkarrez etzana dago.
Sabel pizuan oihu baten oihartzuna dilingo geratu zaio.
Geldi-unean, min- minerala kablez tinko estekaturik bezala dauka.
Argiak iluna urratuko du…

        La mère est couchée sur le dos.
          Dans son ventre lourd l’écho d’un cri de douleur est resté suspendu.
          Pendant cet arrêt, elle retient sa  douleur minérale, comme  enchaînée par un câble.
          La lumière va déchirer la nuit.



Inéluctablement -  résonner - présences - lune - eau - gardiens - creux - maison - plénitude - foule - poussière - marchent

Ils veillent. Ils sont là depuis la nuit des temps et ont tout oublié de la lune… Ils connaissent la pluie du dehors et savent qu'inéluctablement l'eau qui les a fait pierre poursuivra son travail. Chaque goutte qui résonne les fait se hisser un peu plus vers le haut.
Ils ignorent le temps qui nous rapprochent de la poussière. S'ils n'étaient de calcaire, on pourrait dire qu'ils marchent vers la plénitude. Ils sont les gardiens d'une singulière maison. Cachés dans les creux des roches, ils sont une foule…
J'entends leurs présences multiples.


Le pilier orné de la grande salle d'Isturitz

Je suis pilier, roc, indispensable, fraternel et solidaire. Autour de moi foyers multiples, rires, pleurs, cris, bruits de bouches qui mastiquent, crachent, savourent, éructent et rotent.
Je suis pilier, roc, indispensable, fraternel et solidaire. Ils gravent sur mon ventre, sur mon dos leurs rêves de chasse, leurs signes mystérieux. Les flammes me réchauffent et font danser les bêtes.
Je suis pilier, roc, indispensable, fraternel et solidaire. Le vent me caresse, me glace, me réchauffe, me fouette.
Je suis pilier, roc, indispensable, fraternel et solidaire. Je vois les jeunes vieillir, les vieux s'éteindre, j'entends les mêmes peurs, les mêmes tristesses, les mêmes joies tout au long des années, des années des années...
Je suis pilier, roc, indispensable, fraternel et solidaire. Passe le temps... Passe le temps... Jusqu'à quand ?

Harri zizelkatuaren aintzinea idatzia

Gizonak sua piztean,
txinpartak airean,
dir-dai ilunbean,
Su lamak dantzan,
aire beroan... harria gori, larru azala jori.
Bapatean, gizona hasi zaio harriari « raka, raka… karraka ta raka…hats eta ufa… Karraka ta raka…arnas…Kiski ta kaska eta… hats,… kaska ta kiski…arnas eta ufa…”
Haize ausarta, xirrixtan ixilpean sartu da harpe ziloan, ahapetik xuxurlatuz otoitz zahar baten hitzak… Ozen, errea bezala,  burrunban, haizea oldartu da.
Su-garrak firfiran,
Sugaia daldaran,
Harria kezkati.
Gizonaren larrua ikaran… BIZIA ! BIZIA !
“Bizia harrian senditu dut !...”
Txipli… txapla, ilunbe ixilean, ur ttanttak…
Harriaren gorputz izerdia ?
Harriaren nigarrak !
Pozezko nigarrak !
Nigar gaziak !
Giza nigarrak !
Harriari bizi eman dio, behin betiko !


Devant la grande colonne

Harri Andereari.

         Harri Andereari ou « A la Dame Pierre », où la conversation avec la Grande Colonne  d’Isturitz devient fusion de pierre et de chair, de maintenant et d’antan, follement et à jamais…


… “Agur, Harri Andere. Pereka zaitzaketa, otoi ? Agur, Andere Harria. Ezen, Anderea zira, ez da hala? Ez dut ez, zure erantzunik espero, zure mintzairarik ez dakiket. Zeren, zer mintzo duzu? Zer mintzaira ikasi duzu? Ilunak erakutsia? Jentilek, haien arbasoek utzia? Lipar batez aditu ahal banintu. Lipar batez ikus ahal banintu…
Haurrek jostalekutzat zauzutena? Ala helduek? Izan dea sekulan nehor zure puntaren puntan zaldizkatu zaituenik? Erran gustuan, De Lancre, Axular, joanak dituzu. Eta, ez zintzaket sala, ez zu, ez zure konkolotx jarri zaleak. Ez eiki; lagunak nituzkeen.
Agur, Harri Anderea. Nola? Iziturik? Ez. Zurturik, doi bat. Hoin zira… ixiltasunean mintzo, mineraletik mintzo nun… Jadanik ez ditut ene eskua ez ene zangoa, ene sabela senditzen. Edo, bai. Sendi ditut, mila xinaurri hausikilari. Argi batzuk hurbiltzen hauteman ditzaket, eta murmurio harrapagaitz bat. Eta soinu bat ere, soka tentsatu musika bat… Andere Harria besarkatzen zaitut, maita nezazu maita eta… Nola? Bai, goxoa da, zinez goxo. Hotzean bero. Hotzean…ero. Harri Anderea, Zurekin naiz, betiko.

         

Dialogue avec Madame la Colonne
-Bonjour Madame.
-mmmm bonjour.
-Vous êtes là depuis longtemps ?
-mmmm assez longtemps en effet .
-Vous plaisez-vous ici ?
-Certainement mais je suis parfois fatiguée...
-Ah !? Et... m'en donnerez-vous les raisons ?
-mmmm ce sont tous ces babillages, ces troupeaux de bipèdes tout au long des journées …
-Vous avez un joli cou Madame !
-Je vous remercie.
-Au revoir Madame.
-mmmm au revoir .